Le Caire est la capitale de l'Egypte et a une population officielle de près de 17,5 millions d'habitants, mais de nombreux chiffres indiquent que 25 millions de Cairotes y vivraient en réalité.
Le Caire est sans aucun doute la plus grande ville de l'Afrique et du Moyen-Orient. Elle est située sur le bord Est du Nil ainsi que sur quelques îles adjacentes, dans le nord de l'Egypte.
La plus ancienne partie de la ville du Caire se trouve - grossièrement - à l'est du fleuve. D'ici, la ville s'est peu-à-peu déployée vers l'ouest, englobant les terres cultivables autour du Nil. Ces quartiers ouest, bâtis sur le modèle de la ville de Paris par Ismaïl le Magnifique au milieu du XIXe siècle, sont caractérisés par de larges boulevards, des jardins publics et de nombreux espaces ouverts. La vieille ville à l'est est très différente, sa croissance plus hasardeuse qu'ordonnée en a fait un endroit riche de petites ruelles et de vieux habitats surpeuplés. Alors que le Caire de l'ouest concentre les bâtiments officiels et une architecture moderne, la moitié-est est, quant à elle, riche de centaines de vieilles mosquées, véritable patrimoine historique.
Le système d'alimentation en eau étendu de la ville lui a permis de s'ouvrir à l'est, dans le désert. De nombreux ponts relient à la terre ferme les îles de Gezira et de Roda où se trouvent de nombreux bâtiments du gouvernement. D'autres ponts au-dessus du Nil rattachent la ville aux banlieues de Giza et d'Imbalah.
A l'Ouest, au milieu du désert, se trouve la ville de Gizeh qui tire son nom du plateau sur lequel elle s'étend. Elle englobe l'ancienne nécropole de Memphis, célèbre pour ses trois grandes pyramides dont la grande pyramide de Khéops. Le site de l'antique Memphis se trouve approximativement à 18 km au sud du Caire, à proximité immédiate de la nécropole de Saqqarah et de la banlieue d'Helwan.
Le quartier copte est le plus ancien quartier de la ville. La forteresse de Babylone, construite par les romains, s’est transformée très tôt en enclave chrétienne et juive. Ce quartier renferme la synagogue Ben Ezra, fondée en 1115, et comptait une vingtaine d’églises dont il ne subsiste que cinq dont notamment l’église suspendue consacrée à la Vierge, probablement l'église chrétienne la plus ancienne en Egypte, datant du IVe siècle et l’église Saint-Serge construite à la fin du IVe siècle au dessus d’une crypte où la sainte Famille se serait réfugiée lors de la fuite en Egypte. Il est à noter que les églises ne se distinguent pas par leur ornementation extérieure mais par un intérieur très riche.
Les monuments islamiques d’Egypte sont presque entièrement concentrés au Caire. Les Fatimides dotèrent Le Caire de nombreuses mosquées. Après eux, les sultans mamelouks continuèrent d’embellir la ville de magnifiques mosquées et de nombreuses écoles coraniques, les medreseh. Sous la dynastie Mamelouk, la ville s’agrandit considérablement et devint la capitale du monde musulman. Des mausolées sont rassemblés en véritables villes des morts.
Le Khan el-Khalili, connu sous le nom de bazar turc pendant la période ottomane, est maintenant habituellement appelé le Khan, et est souvent confondu avec le marché de Muski - et inversement. Le souk de Khan el-Khalili, vieux de 600 ans, a été établi en 1382 par l'émir Djaharks au cœur de la ville fatimide. A l'instar du marché Al-Muski à l'ouest, il comporte une des zones d'ateliers d'artisans les plus importantes du Caire. Ces deux marchés sont le symbole de la tradition qui a fait du Caire un centre important de commerce.
Le Khan est situé à un coin du triangle des marchés qui va du sud de la porte Zuwayla à l'ouest à Azbakiyyah. Le Khan est encadré au sud par la rue d'Al-Azhar et à l'ouest par le marché de Muski. Il se compose de passages et de ruelles remplies d’artisans, d’orfèvres, de vendeurs de parfums et d’épices. Sur une rue étroite venant d'Al-Badistand, on trouve le célèbre et pittoresque café el-Fishawi, ou le café des miroirs, qui était par le passé un endroit de réunion pour les artistes locaux, et qui n’a pas changé depuis près de 200 ans. Il fut fréquenté par l'écrivain prix-Nobel Naguib Mahfouz, un des auteurs égyptiens les plus connus.
Le centre ville du Caire inclut les îles de Roda et de Gezira, et au sud-est, Mounira. Le secteur autour des jardins d'Ezbekiyyeh était autrefois un vaste lac qui fut asséché en 1837. Le secteur a été construit selon un plan strict, fait sous les instructions du Khédive, qui aimait les divertissements. Il y avait à l'origine un cirque, un théâtre et un opéra dans les jardins méridionaux, où subsiste de nos jours un théâtre de marionnettes. La poste centrale, place Ataba, comporte un musée postal au 1er étage. A l'est de la place Ataba, la rue Muski mène dans le Khan El-Khalili.
Au nord de la place Ataba s'ouvre la rue Clot Bey (rue Khulud), du nom d'un médecin français, Antoine Clot qui fut l'un des fondateurs de la médecine moderne en Egypte. Plus au nord, on distingue le minaret de la mosquée Al-Fath. Cette rue passe sous des voûtes en pierre avant d'arriver à la place Ramsès devant la gare, construite en 1856, transformée selon le modèle arabe en 1892 et restaurée la première fois en 1955. C'est l'un des quartiers du Caire moderne qui furent urbanisés le plus tôt après la seconde moitié du XIXe siècle. Le secteur est connu sous le nom "Bab el-Hadid" (porte ferroviaire) avec une statue colossale de Ramsès II, laquelle a été déplacée vers le futur Grand musée égyptien à Gizeh. Dans le musée national égyptien des chemins de fer, à l'extrémité est de la gare, on trouve quelques vieilles locomotives en excellent état de conservation.
L'île de Gezira est demeurée inhabitée jusqu'au milieu du XIXe siècle. Après le développement du centre moderne du Caire, Mohammed Ali (1769-1849 ; vice-roi d'Egypte, considéré comme le fondateur de l'Egypte moderne) a construit un palais à son extrémité nord ; ce quartier s'appelle maintenant Zamalek. Plus tard, le Khédive Ismaïl a construit un grand palais au centre de l'île avec un immense jardin, et une jetée pour faciliter l'accès. A cette époque, les jardins étaient riches d'une flore exotique et d'une collection d'animaux africains.
Durant l'époque pharaonique, Rhoda faisait partie de l'ancienne Héliopolis. A l'époque romaine, ce fut une forteresse qui resta inchangée jusqu'au VIIe siècle. Après la conquête islamique, les arabes y ajoutèrent des tours et des arsenaux.
Le dernier sultan Ayyubide transféra le siège du gouvernement sur l'île et construisit une nouvelle forteresse avec palais et casernes aux environs de 1240, mais les Mamelouks ramenèrent par la suite le gouvernement à la Citadelle.
A l'extrême sud de l'île se trouve le Palais Manasterli, construit à côté d'un nilomètre, édifié au VIIIe siècle pour mesurer la crue annuelle du Nil. En remontant vers le nord, on traverse les jardins Manyal qui couvraient la majeure partie de l'île et qui sont désormais un quartier résidentiel. Plusieurs des bâtiments datent d'entre 1925 et 1935, l'époque Art Déco.
Au nord de l'île, il y a le Palais Al-Manyal, musée renfermant une collection d'objets ayant appartenu au Prince Mohammed Ali Tawfig, l'oncle du dernier roi d'Egypte, Farouk.